Utiliser comme faire-valoir
C’est une drôle d’époque.
On ne dit plus je pense,
on dit regarde comme c’est bien formulé.
Et cette étrange impression qu’il n’y a personne derrière le discours.
On ne dit plus je pense,
on dit regarde comme c’est bien formulé.
Les phrases sont propres.
Structurées.
Ponctuées de petits repères rassurants.
👉 Tiens, justement.
Structurées.
Ponctuées de petits repères rassurants.
👉 Tiens, justement.
Le discours coule, fluide, pédagogique, impeccable.
Trop impeccable, parfois.
Pas une aspérité.
Pas un doute qui dépasse.
Pas une hésitation humaine.
Trop impeccable, parfois.
Pas une aspérité.
Pas un doute qui dépasse.
Pas une hésitation humaine.
Alors on se tient un peu plus droit.
On s’appuie dessus.
On se sent soudain plus clair, plus savant, plus légitime.
Non pas parce qu’on a compris…
mais parce que ça sonne bien.
On s’appuie dessus.
On se sent soudain plus clair, plus savant, plus légitime.
Non pas parce qu’on a compris…
mais parce que ça sonne bien.
C’est là que le glissement se fait.
Utiliser un outil pour se mettre en valeur,
sans jamais dire d’où vient la lumière.
Utiliser un outil pour se mettre en valeur,
sans jamais dire d’où vient la lumière.
Faire parler plus grand que soi,
plus sûr, plus posé,
et se glisser derrière le rideau.
plus sûr, plus posé,
et se glisser derrière le rideau.
Le problème n’est pas l’outil.
Le problème, c’est le faire-valoir.
Quand la forme devient caution.
Quand la structure remplace le discernement.
Quand on se regarde penser… sans vraiment penser.
Le problème, c’est le faire-valoir.
Quand la forme devient caution.
Quand la structure remplace le discernement.
Quand on se regarde penser… sans vraiment penser.
À force, ça se repère.
Toujours les mêmes mécaniques.
Toujours les mêmes respirations.
Toujours les mêmes transitions bien sages.
Toujours les mêmes mécaniques.
Toujours les mêmes respirations.
Toujours les mêmes transitions bien sages.
Et cette étrange impression qu’il n’y a personne derrière le discours.
Ici, on préfère l’imparfait au lisse.
Le doute au vernis.
Le pas de côté à la démonstration.
Le doute au vernis.
Le pas de côté à la démonstration.
Parce que la lucidité ne cherche pas à impressionner.
Elle cherche à ne pas tromper.
Elle cherche à ne pas tromper.
Et ça, aucun faire-valoir ne sait vraiment le faire.