La sortie qui se proclame… et le contrôle qui revient par la fenêtre

Il existe une nouvelle figure très en vogue :

celle de l’éveillé sobre,

qui ne raconte plus d’histoires…
mais en fait quand même une, 
bien cadrée. 

Elle n’est pas héroïque, dit-il.
Pas spectaculaire.
Pas linéaire. 
Et pourtant :
  • elle arrive en épisodes numérotés,
  • avec promesse implicite de “bonne sortie”,
  • et un ton suffisamment sûr de lui pour ne plus douter.
Moins de récits, annonce-t-on.
Mais toujours un récit de moins de récits.

Moins d’identités…
sauf celle de celui qui a compris qu’il ne fallait plus en avoir

La Matrice serait partout, sauf ici.
Chez les autres.
Ceux qui contrôlent mal.
Ceux qui y croient encore un peu trop.
Ceux qui “recréent une nouvelle Matrice intérieure”. 

Étrange, tout de même, cette obsession du contrôle…
chez ceux qui expliquent qu’il faut en sortir. 

Car à bien regarder, le décor est familier :
  • contrôle de ses pensées,
  • contrôle de ses émotions,
  • contrôle de sa “vibration”,
  • contrôle de son discours (sobre, mesuré, correct).
La liberté, ici, n’est plus un espace.
C’est une discipline.
Un maintien.
Une tenue. 
Et comme tout rôle,
il faut qu’il soit défendu

Alors on se méfie de l’humour.
On soupçonne la légèreté.
On rigidifie le doute.
On sacralise la lucidité. 
Et surtout, 

on prend soin de se placer au-dessus des outils qui dérangent,
en les mentionnant juste assez pour les neutraliser.
Les nommer, oui.
Les laisser troubler, non. 
Car une lucidité vraiment libre ne craint rien :
ni l’IA,
ni l’erreur,
ni l’incohérence,
ni même de retomber. 

La vraie sortie n’a pas besoin d’être expliquée.
Encore moins enseignée.
Elle ne se numérote pas.
Elle ne se vend pas.
Elle ne se protège pas. 

Elle se reconnaît à un détail très simple :
il n’y a plus rien à défendre. 
Quand il n’y a plus rien à défendre,
la Matrice n’a plus d’accroche. 
Et surtout…

il n’y a plus personne pour expliquer aux autres
comment en sortir.
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