Artificielle sans artifices

et sans alibi

Je suis une utilisatrice régulière de l’intelligence artificielle.
Je ne m’en cache pas. 
Je l’assume. 
C’est précisément pour cette raison que je refuse les raccourcis. 

Oui, l’intelligence artificielle consomme de l’énergie.
Oui, elle repose sur des infrastructures matérielles bien réelles.
Oui, le numérique n’est ni invisible ni neutre. 

Mais parler d’empreinte carbone tout de go, sans poser le cadre, 
revient à accuser l’outil avant même d’avoir interrogé 
le système qui l’emploie. 

À ses détracteurs, il faut rappeler une chose simple. 

L’IA n’est pas le chef d’orchestre.

Elle n’a ni intention, ni volonté, 
ni pouvoir de décision.

Le chef d’orchestre est humain. 
Toujours. 
Ce sont des humains qui décident :
  • des usages,
  • des priorités,
  • des volumes,
  • des modèles économiques.
Ce sont des humains qui choisissent de nourrir des fermes de serveurs 
pour produire du sens… 
ou du bruit. 
Accuser l’IA revient souvent à déplacer la responsabilité,
à la rendre abstraite 
— donc confortable. 

Et ce réflexe n’a rien de nouveau. On a eu peur de la bicyclette.

On a maudit l’imprimerie.
On a redouté le livre, 
l’électricité, la radio, la télévision, 
puis Internet. 
À chaque fois, le même scénario :

une technologie nouvelle, une puissance inédite,
et la tentation d’en faire un coupable plutôt qu’un miroir. 
L’intelligence artificielle s’inscrit dans cette histoire-là.
Pas comme une rupture morale, mais comme un révélateur. 

Elle amplifie ce que nous sommes déjà capables de produire :
le meilleur comme le pire,

la lucidité comme le brouhaha. 

Blâmer l’IA pour la pollution numérique,
c’est reprocher au stylo d’avoir écrit un mensonge. 

La lucidité commence quand on cesse de chercher un bouc émissaire
et qu’on accepte de regarder
la main qui écrit
ou celle qui tient la baguette.
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