Les limites de la science

La vraie fragilité est de la figer en vérité

La science n’a jamais été un bloc monolithique.
Elle est un processus, pas un dogme.
Un mouvement perpétuel fait d’essais, 
d’erreurs, de rectifications, 
de renoncements parfois. 

Reconnaître ses limites n’a jamais été un aveu de faiblesse.
C’est même sa plus grande force
La fragilité commence ailleurs.
Elle apparaît lorsque la science cesse d’être une méthode 
pour devenir une posture d’autorité.
Lorsqu’elle se présente comme détentrice de la vérité, 
alors même que tout, en elle, repose sur 
le provisoire, le révisable, le perfectible.

La science avance sur du mouvant

Ce que l’on appelle « vérité scientifique » n’est jamais 
qu’un modèle opérant à un instant donné

Newton n’était pas faux : il était incomplet.

Einstein n’a pas détruit Newton : il l’a dépassé.

La physique quantique n’a pas invalidé la relativité : elle l’a déplacée. 
La science progresse précisément parce qu’elle accepte 
que ses certitudes soient temporaires.

Le réel, lui, ne se fige pas pour nous rassurer.

Là où la confusion commence

Depuis quelques années, une tension est palpable.
Certains scientifiques, arrivés aux frontières de leur discipline, 
pressentent que le réel déborde les cadres matérialistes classiques. 
Ce pressentiment est légitime.
Mais le passage est délicat. 

Car lorsqu’on quitte le terrain expérimental pour s’aventurer vers :
  • la philosophie,
  • la métaphysique,
  • la spiritualité,
  • ou l’expérience subjective,
il devient indispensable de 
nommer clairement le changement de registre
Sans cela, le discours flotte.
Il séduit, intrigue, fascine… mais perd son assise.

Intuition, vécu, expérience : des registres valables, mais différents

Dire que :
  • l’intuition existe,
  • l’expérience intérieure a une valeur,
  • certains phénomènes échappent encore aux instruments,
n’est ni absurde ni anti-scientifique. Mais confondre :
  • intuition et démonstration,
  • vécu et preuve,
  • sincérité et validation, crée un brouillard épistémologique dangereux
Ce n’est pas la spiritualité qui affaiblit la science.
C’est le mélange non assumé des niveaux.

Le réel n’est pas réductible, mais il n’est pas n’importe quoi

Tout n’est pas mesurable.
Mais tout n’est pas pour autant démontré. 
Entre le réductionnisme sec et le mysticisme séduisant,
il existe une voie plus exigeante :
celle de la lucidité, de la prudence, du discernement

Admettre que la science ne sait pas tout
ce n’est pas ouvrir la porte à toutes les affirmations.
C’est accepter de dire, parfois simplement : « Ici, je ne sais pas. »

Une science humble est une science vivante

La science n’a rien à perdre à reconnaître :
  • ses angles morts,
  • ses impasses provisoires,
  • ses limites structurelles.
Elle a tout à perdre lorsqu’elle se rigidifie,
lorsqu’elle se sacralise,
lorsqu’elle confond méthode et vérité absolue. 

Le réel est mouvant.
La connaissance aussi. 

Et c’est précisément pour cela que la science reste précieuse :
non parce qu’elle détient la vérité,
mais parce qu’elle accepte de la chercher sans cesse,
sans jamais prétendre l’enfermer.
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