Le confort des cages

Le mental aime comprendre.

L’ego aime ranger.

Ensemble, ils transforment parfois le vivant en cage.


Nous, les humains, avons un talent remarquable :
transformer le vivant en plan de classement. 

Un élan devient un profil.

Une sensibilité, une étiquette.

Une trajectoire singulière, une case à cocher

Ce n’est pas toujours par méchanceté.
C’est souvent par fatigue.
Par peur de ce qui déborde, 
bifurque, 
respire autrement. 

Les cages rassurent.
Elles donnent l’illusion de comprendre.
Elles réduisent l’inconnu à quelque chose de maniable, 
de prévisible, 
de socialement acceptable. 
On ne dit plus : 
« Je ne comprends pas cet humain. »
 On dit : 
« Ah oui, c’est ça. » 

Et tout le monde se détend. 

Le problème n’est pas la diversité des fonctionnements.

Le problème, c’est notre obsession à vouloir les parquer

Créer des parcs balisés du psychisme,
avec des panneaux explicatifs à l’entrée,
des bancs pour observer sans s’impliquer,
et des clôtures pour éviter les débordements. 

Ici les linéaires.
Là les créatifs.
Plus loin les sensibles, les atypiques, les “à part”.

Chacun à sa place.

Chacun à distance. 
Propre.
Lisible.
Inoffensif. 

Mais le vivant ne pousse pas en ligne droite.
Il s’étend, se croise, s’emmêle, 
disparaît parfois pour revenir ailleurs. 

Ce qui dérange vraiment, ce n’est pas la différence.
C’est l’impossibilité de la ranger correctement

Un humain qui ne se résume pas fatigue.
Un être qui change échappe.

Un esprit libre crée du désordre intérieur chez celui qui regarde. 

Alors on colle une étiquette.
Et on appelle ça de la compréhension. 

Terrain Connu montre l’ampleur du phénomène.

Quand on observe sans filtre,

on voit combien nous avons appris à préférer les cages aux rencontres. 

Heureusement, 2026 ouvre des fenêtres 🪟

Pas pour faire tomber toutes les structures.
Mais pour laisser circuler l’air. 
Remplacer les cages par des ouvertures.
Les certitudes par des questions.
Les étiquettes par de la présence. 

Accepter de ne pas tout comprendre.
Et rester quand même. 

Ici, on ne parque pas.
On traverse.
On observe.
On respire. 

Et parfois, on découvre que ce que l’on croyait “à part”
était simplement vivant

Le mental classe pour se rassurer.
L’ego étiquette pour garder la maîtrise.
Le vivant, lui, ne demande qu’à circuler.
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