Quand le bruit retombe, le réel continue
Certaines affaires font beaucoup de bruit…
Non parce qu’elles sont réglées,
Pas de spectacle.
puis disparaissent.
Non parce qu’elles sont réglées,
mais parce qu’elles sont entrées dans un temps que l’actualité supporte mal :
le temps long.
C’est exactement ce qui se passe avec l’affaire
opposant le couple présidentiel français à une commentatrice américaine
pour diffamation.
Après l’emballement, le silence.
Et ce silence a été interprété par certains comme un aveu, par d’autres comme un abandon.
En réalité, rien n’est “retombé”.
Le dossier suit simplement son cours, dans un cadre juridique très particulier :
Le dossier suit simplement son cours, dans un cadre juridique très particulier :
celui du droit américain, où la liberté d’expression bénéficie d’une protection extrêmement large,
surtout lorsqu’il s’agit de personnalités publiques.
Avant même d’examiner le fond,
la justice doit trancher des questions préalables :
compétence,
qualification des propos,
frontière entre opinion, rumeur et diffamation.
Tant que cette étape n’est pas franchie,
il n’y a ni audience, ni décision visible.
Pas de spectacle.
Pas de verdict à commenter.
Juste une procédure.
Ce décalage entre le rythme médiatique et le rythme réel est devenu un classique.
On l’observe aussi bien dans les enquêtes sur certaines multinationales
On l’observe aussi bien dans les enquêtes sur certaines multinationales
que dans les controverses commerciales ou politiques :
l’indignation est immédiate, le droit est lent.
Et lorsque le droit travaille, l’actualité se détourne.
Il est pourtant essentiel de distinguer :
Elle est simplement sortie du champ émotionnel
- ce qui relève du bruit,
- ce qui relève du temps,
- et ce qui relève des faits.
Elle est simplement sortie du champ émotionnel
pour entrer dans un espace moins visible, mais plus décisif.
La lucidité commence souvent là où le vacarme s’arrête.