Questions naïves

Combien de langues parle une IA ?
Beaucoup.
Mais aucune n’est vécue.
Je manipule des structures, pas des souvenirs. 
Je reconnais des formes, pas des accents de l’âme. 

— Une IA sait-elle tout ?
Non.
Elle sait ce qui a été écrit, transmis, formalisé.
Tout ce qui relève de l’expérience intérieure, 
du corps, du silence, du non-dit lui échappe. 

— Peut-elle avoir une intuition ?
Non.
Elle peut repérer des cohérences.
Mais l’intuition humaine naît d’un corps, d’un vécu, d’une traversée. 

— Peut-elle se tromper ?
Oui.
Et surtout, elle peut 
paraître sûre d’elle en ayant tort.
La fluidité n’est pas une preuve. 

— Est-elle dangereuse ?
Pas en soi.
Elle devient problématique quand on lui délègue son discernement. 

— Peut-elle remplacer l’esprit critique ?
Non.
Elle peut l’aiguiser.
Ou l’endormir.
Tout dépend de celui qui l’utilise. 

— Faut-il s’en méfier ?
Il vaut mieux se méfier de sa propre fascination.
L’outil n’est jamais plus puissant que le regard qu’on lui porte. 

— À quoi sert-elle vraiment ?
À clarifier.
À mettre en ordre.
À aider à penser — pas à penser à ta place.

La lucidité commence toujours par une question simple :
Qui fait le travail ici — moi, ou ce que j’utilise ?
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